C'est du Brutal !

Essai Mercedes SLS AMG GT

C’est du brutal !

Un immense capot plat repoussant le "pilote" presque sur le train arrière, de sublimes portes "papillon" et un V8 gros comme ça qui gronde à n’en plus finir… La SLS, c’est un peu la voiture du loup de Tex Avery. Comme si ça ne suffisait pas, cette GT rajoute une petite louche de chevaux et, surtout, un caractère bien plus affirmé.


Un fond sombre pour les blocs optiques avant et arrière, des étriers de freins rouges, et des grilles latérales et de calandre laquées noires avant d’apercevoir le minuscule monogramme GT apposé sur le coffre… Il faut un œil sacrément averti pour reconnaître cette variante légèrement "boostée" de la SLS. En revanche, s’il y en a un qui ne fait toujours pas dans la discrétion, c’est bien l’énorme V8, surtout au démarrage. D’une pichenette sur le bouton Start, je viens de déclencher une déflagration si terrible dans le parking souterrain de L’Automobile Magazine que les alarmes de trois voitures garées non loin se sont réveillées. Pourtant, Mercedes n’a pas libéré l’échappement pour gagner les 20 ch supplémentaires de cette GT. Seule l’admission a été retravaillée afin de laisser entrer davantage d’air aux hautes vitesses.


Allez, assez joué. Assis presque sur le train arrière, j’ai l’impression, en ville, d’être un capitaine aux commandes d’un pétrolier. Heureusement, l’interminable capot plat permet d’ajuster le cap avec précision, m’évitant de frotter les jantes contre les trottoirs. Du pétrolier, la SLS possède également le couple, le V8 6.2 circulant en glougloutant à 1.000 tr/mn sur le septième rapport de la boîte double embrayage. En revanche, même en ville, je sens bien qu’AMG s’est sérieusement penché sur les aspects dynamiques de cette GT. L’accélérateur me semble bien plus nerveux, et le confort plus ferme que sur une SLS "normale". Les premiers virages de la vallée de Chevreuse nous permettent d'affiner tout ça. Certes, comme sur la SLS "de base", la direction, qui offre une consistance un peu trop variable, allant de vraiment ferme à bien trop légère en fonction des débattements de suspension, ne permet pas toujours de bien sentir le niveau d’adhérence.



Une faiblesse accentuée, sur revêtement dégradé, par un amortissement arrière trop souple, vraisemblablement pour assurer un minimum de confort au quotidien. Heureusement, la suspension pilotée, de série sur cette GT (option sur la SLS "normale" ), propose un mode plus ferme, mieux tenu, qui résout en grande partie ce souci, au prix tout de même d’une fichue sécheresse pour les vertèbres. Mais là au moins, on commence à rouler plus fort, à jouer avec les virages et le gros V8. Un sacré organe, plein dès le ralenti, où il glougloute à l’envi, avant de gronder, puis de hurler, toujours dans les graves, jusqu’à 7.200 tr/mn. Quel plaisir, d’autant qu’en décélération, l’échappement lâche des rots et crépitements façon course, alors que les freinages s’agrémentent de très généreux coups de gaz au rétrogradage, pour peu qu’on ait choisi le mode Sport ou, mieux encore, le Sport+ de la boîte.


Avec une telle furie sous cet immense mufle, les virages sautent carrément au visage. Et, là encore, cette GT se montre bien plus sport et d’un abord moins facile que l’originelle. Avec ses tarages de suspension plus fermes et davantage d’antiroulis, le train arrière déboîte, plus ou moins progressivement, si on garde les freins en entrée de courbe. Dès lors, plus question de sous-virage, mais mieux vaut être prévenu. Car, même si l’antidérapage ESP contrôle tout cela, y compris dans son mode sport nommé Handling, ces glissades franches peuvent surprendre, notamment sur chaussée humide. Et puis, avec sa pédale d’accélérateur plutôt agressive, qui libère déjà l’essentiel du couple au moindre effleurement, il n’est pas difficile, en appui, de provoquer un début de patinage. Une conduite exubérante qui exige un minimum de place… et de métier. On vous l’a dit, la SLS GT, c’est du brutal ! 


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