éditorial

Le triste compte des 1000 et une vies 

Alcool et jeunesse n'ont jamais fait bon ménage. Ce qui n'empêche pas le premier de faire partie des rites initiatiques préférés de la seconde.

Quand l'évènement se déroule dans la sphère privée, il se termine, le plus souvent, par quelques vomissements. Lorsqu'il se conclut par un déplacement automobile, le drame est régulièrement au rendez-vous. Tout le monde a vécu, de près de loin, la sale histoire du gendarme qui vient taper à la porte pour annoncer la nouvelle, sorte de fatalité acceptée, de guerre lasse, par notre société. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les 18-24 ans constituent prés de 20% de la mortalité routière, alors qu'ils représentent  moins de 10% de la population. Et l'alcool est impliqué dans près d'un tiers des accidents mortels. L'insouciance « tant une caractéristique majeure de la jeunesse, il faut rester humble devant la capacité des adultes à faire changer leurs enfants. Selon une étude de la fondation Vinci Autoroutes, 6% des jeunes Français n'anticipent jamais leur retour d'une soirée alcoolisée, 11% n'hésitent pas à prendre le volant en se sachant coupables, mais en « faisant attention » et 27% ne s'interdisent de conduire qu'après trois verres, soit au-delà du taux d'alcoolémie autorisé. Alors que faire contre ce fléau ? Nous connaissons tous la portée limitée des campagnes de prévention. Même lorsqu'elles sont magistralement réalisées comme le court-métrage d'Olivier Nakache et Eric Tolédano, actuellement diffusé sur les petits et grands écrans. Une fois de plus, en matière de sécurité routière, la solution ne semble pouvoir venir que des constructeurs et de leurs ingénieurs. Le principe de l'alcootest préalable au démarrage, initié par Volvo, tarde à passer du prototype à la série, sous la pression d'on ne sait quel lobby. Ce serait pourtant le moyen le plus efficace d'arrêter le massacre. Il en va de la vie d'un millier d'insouciants.


Bonna strada 

Gilles HILLION

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