Éditorial

Delphine nous mène-t-elle en bateau ?


Notre classe politique est-elle condamnée à légiférer avec un temps de retard sur les découvertes scientifiques ? La question mérite d'être posée à l'analyse des différentes décisions gouvernementales

prises en matière automobile depuis une trentaine d'années. Un peu comme dans « Mademoiselle Angèle », célèbre chanson du regretté Jacques Martin, on a toujours l'impression que le pouvoir en place ne frappe jamais à la bonne porte. Contre l'avis de la planète, il a encouragé la filière diesel, usant et abusant d'une fiscalité absurde. A droite comme à gauche, des Verts à feu le RPR, on a soutenu la disparition de la vignette, qui taxait assez justement les plus puissants, pour favoriser l'émergence du malus écologique, établi à partir des seuls rejets de CO2. Comme si la pollution automobile se résumait aux émissions de gaz carbonique... Des oxydes d'azote qui font grand bruit aux Etats-Unis, l'Etat ne parle jamais... pas plus que des particules fines qui encrassent quotidiennement nos poumons. En réalité, nos automobiles à moteur thermique rejettent 1 400 polluants à l'échappement. Seuls cinq sont normalisés. Parmi les « oubliés », le dioxyde de soufre, les cétones ou les benzènes ont un effet dévastateur sur notre santé. Mais cela, nos gouvernants, aveuglés par leur posture dogmatique et le poids des lobbies, n'ont pas conscience.

La société civile, ceux qui arpentent quotidiennement le terrain, bref, vous et moi, aurions, pourtant, tant à leur apprendre. Delphine Batho est peut-être de cet avis. Rapporteur d'une commission d'enquête parlementaire baptisée « mission d'information sur l'offre automobile française dans une approche industrielle, énergétique et fiscale », la députée socialiste des Deux-Sèvres a souhaité auditionner la presse automobile spécialisée. Le Magazine Auto Moto et ses congénères ont ainsi pu exprimer leur opinion auprès d'une haute autorité de ce pays. Le dossier d'Auto Moto consiste à penser que la fiscalité automobile doit reposer sur le seul critère de l'impact environnemental, le principe du pollueur payeur. A condition qu'il soit tenu compte d'un panier de polluants majeurs, à l'image du calcul de note écologique, et pas seulement du CO2. L'ex-ministre de l'Ecologie a semblé séduite par cette proposition.

L'avenir nous dira si Madame a entendu Auto Moto...



Bona strada 

Gilles HILLION


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