Les assureurs vont devoir réinventer leur modèle économique

L'augmentation régulière des tarifs n'est plus une solution viable pour les assureurs automobiles. Ce schéma n'est ni vertueux, ni durable, selon une étude de Facts & Figures.

Le dérapage s'est poursuivi. Entre 2013 et 2015, l'ensemble des assureurs automobiles ont augmenté leurs tarifs de 1,6% en moyenne annuelle, alors que l'inflation n'était que de + 0,5%. Cette moyenne cache d'importants écarts : les mutuelles ont moins augmenté leurs tarifs (+1,1%) que les agents généraux (+2,4%).

DES CONTRATS DÉNONCÉS

Pourtant, les clients se révèlent très sensibles aux prix. Ils réagissent immédiatement aux hausses en dénonçant leurs contrats.

« Il y a une corrélation directe entre le développement du chiffre d’affaires automobile des assureurs et leur politique de hausse tarifaire, observe Facts & Figures. Augmenter ses tarifs signifie désormais perdre des contrats".

A l’exception des MMA, tous les réseaux d’agents généraux paient leurs augmentations tarifaires par des pertes de contrats. « Ce schéma n’est ni vertueux, ni durable, assure Facts & Figures. Il y a clairement un modèle à réinventer. »

ATTENTION AU TOUT DIGITAL

Mais pas n’importe comment. A vouloir mettre de l’internet et du digital partout, la profession oublie que la vente de contrats automobile requiert, dans 99% des cas, un contact physique ou téléphonique.


A plus long terme, la vraie menace existentielle se situe à l’horizon 2025-2030 avec la montée en puissance de la voiture autonome, prévoit Facts & Figures. L’activité d’assurance automobile pourrait s’en trouver profondément transformée.

ENCORE DES HAUSSE EN VUE

Pour l’échéance 2016 des contrats automobile, l’organisme anticipe un niveau moyen de hausse des tarifs de 0,5% à 1% (seulement). La profession ne peut plus se permettre d’afficher des taux de hausse supérieurs, car ceux-ci conduisent à des résiliations ou des renégociations.

Face à cette contrainte, les assureurs vont être amenés à réviser à la baisse les garanties de leurs contrats.

MAAF Assurances est la mutuelle la plus agressive au plan tarifaire. « C’est le fer de lance de Covéo sur le marché automobile, constate Facts & Figures, en sachant que GMF Assurances est sur un marché plus restreint. Première mutuelle du marché en contrats, la Macif n’a pas encore pu se permettre de telle politique tarifaire. »

UNE BAISSE DES RÉSULTATS

En termes de résultats techniques (financiers) de ses acteurs, le marché de l’assurance automobile a connu un point haut en 2012 et repart à la baisse depuis en raison, principalement, d’un refus des clients vis-à-vis des hausses de tarifs.

Si les mutuelles ont gagné des contrats entre 2010 et 2013, force est de constater que les affaires nouvelles souscrites ont été réalisées à un niveau de tarif moyen inférieur à celles perdues. 

COMMENT MIEUX MAÎTRISER LE RISQUE

Les « bancassureurs » sont les champions de la maîtrise du risque en automobile. Alors que leur part de marché n’est que de 10,6% en chiffre d’affaires, elle atteint 23% en résultat technique. L’une des explications de ce succès repose sur le niveau très compétitif de frais en automobile.

Les mutuelles tendent à les imiter sur ce point et redressent progressivement leurs résultats techniques. La MAIF a pris une longueur d’avance.

LES GRANDS ACTEURS DU MARCHÉ DE L'ASSURANCE AUTOMOBILE

Le chiffre d’affaires du marché de l’assurance automobile est dominé par les mutuelles sans intermédiaires (MSI) qui s’en accaparent 43%, suivi des agents (27%), des courtiers (12%) et des bancassureurs (11%). Les agents généraux sur les premiers en termes de résultat technique avec 34% de part de marché. Les bancassureurs sont numéro Un en termes de dynamique de croissance nette avec 40% de part de marché.

« Le nombre de groupes qui donnent le « la » en automobile est désormais limité. On compte Covéa, Sferen, Groupama et la Maif parmi les mutuelles, Axa et Allianz chez les traditionnels, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel en tant que bancassureurs…soit 8 groupes au total », calcule Facts & Figures.


LES ASSUREURS QUI CROISSENT

Covéo, le Crédit Mutuel et le Crédit Agricole / LCL ont capté près de 1 225 000 affaires nouvelles en automobile, en net, entre 2010 et 2013. Concrètement, cela signifie que les 2/3 de la croissance du portefeuille ont été captés par ces trois seuls groupes.

En limitant leurs hausses tarifaires en automobile, les mutuelles continuent de capter 50% de la croissance nette du marché en contrats. Les bancassureurs se situent juste derrière avec 44%.

Quant à GMF Assurances, elle a connu un beau développement de son portefeuille automobile entre 2010 et 2013 avec une croissance nette de + de 185 000 contrats…mais la population des fonctionnaires n’est peut-être plus amenée à se développer fortement.

LES CINQ JEUNES POUSSES

Facts & Figures identifie 5 jeunes pousses à suivre en automobile : la Banque Postale, la Caisse d’Epargne, la Banque Populaire, la Société générale et la MGARD qui développe des partenariats (ou des niches) pour Axa France.

Remarquons que la Banque Postale est clairement en phase de montée en puissance et capte désormais 15% du solde net du marché en nombre de contrats automobiles.

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