Posche Cayenne 2018

Porsche Cayenne 2018 [PREMIER CONTACT] : poids lourd léger

Poussé dernièrement dans les cordes, frappé par l’affaire des “diesels truqués”, le SUV de Stuttgart fait son retour au centre du ring, plus affûté que jamais.

Le moteur gronde furieusement, pétaradant violemment sous les coups de boutoirs répétés du rupteur. Le décor défile à vitesse grand V par le pare-brise. Mais pas franchement dans le sens attendu.

A ma gauche, au volant, Philippe, heureux pilote (français) de développement chez Porsche, maintient la direction en butée de contrebraquage et l’accélérateur au plancher. En toute désinvolture, l’air de rien, alors qu’ici sur un asphalte détrempé, la dérive de notre monture est telle que le tête-à-queue semble inévitable. « Houston, on a un problème… ». Que nenni, le missile à quatre roues à bord duquel je regrette déjà d’avoir embarqué s’extrait de la courbe en s’alignant de nouveau avec la piste. Ouf !

La plus radicale des 911, la sulfureuse GT2 RS de 700 ch, s’annonce très prometteuse. Mais la troisième génération de Cayenne, celle avec laquelle nous faisons connaissance aujourd’hui sur un circuit de la région de Düsseldorf, augure également du meilleur. Capable d’impressionnantes arabesques, le SUV allemand tient pourtant physiquement moins de la ballerine que du poids lourd léger, voire du poids lourd “tout court” façon Mike Tyson… en fin de carrière.

Et pour cause, cette Porsche partage sa plate-forme avec l’Audi Q7, se distinguant essentiellement de son monumental cousin aux anneaux par un empattement plus court et un bloc arrière spécifique. L’aîné du Macans’élargit donc encore de 23 mm pour flirter avec les 2 mètres et s’étire de 63 mm pour atteindre 4,93 mètres de long dans sa version Turbo. Et si la structure (carrosserie + caisse) se compose désormais à 47 % d’aluminium, une partie de l’économie de poids s’est volatilisée après l’ajout de 8 kg d’isolants pour compenser le déficit d’insonorisation par rapport à l’acier. Notre “Turbo” accuse ainsi 2 175 kg sur la balance…à vide.

Pas facile dans ce cas de revendiquer un quelconque lien de parenté avec la 911. En adoptant un bandeau arrière lumineux et, à bord, des sièges intégraux, le Cayenne s’en inspire néanmoins esthétiquement.

Mais aussi techniquement, en recevant à son tour un essieu arrière directionnel dont les roues braquent jusqu’à 3°. A la fois plus agile et plus stable, le SUV de Stuttgart se vante aussi de l’être grâce à la généralisation sur toutes les versions de la transmission intégrale active, dotée d’un différentiel central multidisque, faisant varier le couple en continu entre les deux essieux (de 0 à 100 %).

Et comme si ça ne suffisait pas, les trains roulants adoptent en option la suspension pneumatique à trois chambres de la Panamera et les barres anti-roulis pilotées électriquement du SQ7 pour un meilleur compromis confort/tenue de route.

Mais ce troisième opus ne fait pas qu’imiter les autres modèles de la gamme ou du groupe VW ; il étrenne aussi de nouveaux disques de frein (Porsche Surface Coated Brakes) revêtus de carbure tungstène. Un matériau censé prolonger leur durée de vie d’environ 30 %, leur résistance à l’échauffement et permettre une diminution…des émissions de poussières nocives au freinage.

Plus question en effet pour Porsche de négliger la (dé)pollution de ses voitures. Visé dans l’enquête des “moteurs truqués”, le Cayenne fait ainsi pour le moment l’impasse sur le diesel tant polémique. Avant une arrivée toutefois probable en 2018 d’une motorisation carburant au gazole, l’offre s’articule pour le moment autour des deux V6 3.0 turbo et 2.9 biturbo de respectivement 340 et 440 ch, le V8 biturbo de 550 ch restant l’apanage du… Turbo.

Dans tous les cas, ces blocs s’associent à une nouvelle boîte automatique à 8 rapports. Son convertisseur promet de bien mieux supporter dans le temps les contraintes liées à l’utilisation d’un SUV (remorquage, franchissement…) que le double embrayage de la boîte robotisée PDK de la Panamera. Et s’avère d’ores et déjà compatible avec les fantaisies de pilotage de mon “chauffeur”. Vivement notre tour, lors des essais prévus les derniers jours d’octobre.


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